Pour faire face à la crise économique mondiale, la réponse des syndicats français est donc de faire grève. Réponse unique à tous les problèmes, quels qu’ils soient : retraites, temps de travail, organisation du travail, modernisation de l’économie, la grève est la panacée à toutes les interrogations.
Bien entendu, quel que soit le nombre de grévistes demain, les différents syndicats proclameront la victoire, sachant qu’une grande partie des salariés aura renoncé à se rendre à son travail du fait de la pagaille des transports et posé une RTT en accord avec les employeurs.
Ce qui est assez dramatique dans ce comportement, c’est qu’il n’essaie pas un instant de s’appuyer sur une réflexion de fond sur la nature de la crise – le fait qu’elle affecte le monde entier devrait quand même poser question – ni sur les réponses à donner – comme si la sempiternelle relance de la consommation, dont on sait qu’elle ne donne jamais les résultats escomptés depuis le temps que tous les gouvernements y recourent à l’aveuglette, était la panacée à tous les problèmes.
Ceux qui lancent des mots d’ordre de grève tout comme ceux qui déposent – pour la forme – des motions de censure au parlement, savent très bien que la politique du gouvernement et du président de la République est la seule réaliste et la seule capable de placer la France, à la fin de cette période critique, en meilleure position qu’à son début. Plutôt que de travailler tous ensemble à traverser cette phase de refonte du système économique mondial dans les meilleures conditions, la gauche politique et syndicale préfère se laver les mains en faisant mine de défendre une alternative dont les Français savent pertinemment qu’elle n’existe pas.
Pour résumer l’incapacité à réagir face à la crise de la gauche, citons François Rebsmanen, Sénateur socialiste proche de Ségolène Royal, à propos du contre-plan de relance du PS : il n’y a « aucune grande idée novatrice », et « devant l’ampleur de la crise et les difficultés que vivent et que vont vivre les Français, on peut s’interroger sur l’opportunité » de ce plan.
L’inaptitude n‘interdit pas d’être lucide.