Sénateur Hugues Portelli


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Enfin Lisbonne!

Ecrit le 30-10-2009Les manœuvres de retardement du président de la République tchèque, l’eurosceptique Vaclav Klaus, ont fait long feu : en échanges de quelques concessions rédactionnelles, la dernière ratification permettant l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne a été obtenue. L’Union européenne va ainsi sortir de neuf ans de semi-paralysie, due au rejet du Traité constitutionnel en 2005 et surtout à l’application depuis 2000 du Traité de Nice, mal négocié par la France, et qui imposait la règle de l’unanimité – à 27 ! – sur tous les sujets importants. Désormais, l’Union européenne va disposer d’un outil qui lui permette, si elle en a la volonté, de se doter des politiques publiques nécessaires à son développement, à sa cohésion et à sa présence internationale : plus de décisions à la majorité qualifiée, des domaines de compétences clairement répartis entre les Etats membres et l’Union, des institutions dirigés par des personnalités reconnues. Débarrassée des fioritures idéologiques inutiles qui avaient alimenté les polémiques contre le Traité dit constituant, le traité de Lisbonne est d’abord conçu pour être efficace. Il ne règlera pas pour autant toutes les difficultés, dues notamment à la géométrie variable des grandes politiques : près de la moitié des Etats membres n’appartiennent pas à la zone euro, ce qui empêche toute politique économique commune, plus de la moitié n’appartiennent pas à la zone Schengen, ce qui hypothèque la mise en œuvre d’une vraie action commune en matière de sécurité intérieure et de contrôle aux frontières. Quant à la question des rapports entre l’Union européenne et l’OTAN, elle reste encore sans réponse claire. Au moins, la machine européenne va repartir. Espérons que les dirigeants, à commencer par ceux des grands Etats, sauront dépasser les égoïsmes nationaux et faire preuve d’un minimum d’audace, pour définir ensemble un bien commun européen et le mettre en œuvre.





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