Sénateur Hugues Portelli


Février 2012
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Il a suffi qu’un sondage place Dominique Strauss Kahn vainqueur au second tour de la présidentielle de 2012 contre Nicolas Sarkozy (par 51% contre 49) pour que la planète médiatico-politique s’enflamme. A deux ans et demi de l’échéance, nous sommes pourtant encore loin du compte : personne, parmi les sondés, n’est en situation d’exprimer une intention de vote : les opinions recensées relèvent de la sympathie, de la notoriété, de la reconnaissance d’une compétence potentielle, en aucun cas d’une décision arrêtée. Un tel sondage n’est pourtant pas sans intérêt. Dans le passé, les médias ont lancé plus d’un candidat potentiel, fort d’un capital de sympathie important, mais dont personne ne pouvait garantir qu’il ferait un bon candidat effectif. Certains n’ont pas dépassé le stade de la victoire en sondage et n’ont même pas présenté leur candidature, à l’exemple de Jacques Delors ou Simone Veil. Bien vus dans chaque aile modérée de la gauche et de la droite, ces « candidats » virtuels avaient pour défaut d’être très faibles dans le noyau dur de leur camp, celui qu’il faut impérativement convaincre d’abord avant de se lancer à la conquête des mous ou des indécis. D’autres ont bien été jusqu’à la candidature, mais leur campagne a été calamiteuse : il ne suffit pas d’être classé par les compétents, de jouir d’une bonne image et d’être présumé être un futur bon président, encore faut-il être un bon candidat. Or le bon candidat, c’est celui qui détient des soutiens et des relais solides, qui dispose d’un vrai programme et d’un vrai parti, et qui va mouiller sa chemise au moins un an dans les meetings et sur les marchés, pour être le candidat de son camp d’abord, pour être élu ensuite : les écroulements d’Alain Poher, Raymond Barre ou Edouard Balladur sont l’illustration de candidats portés au pinacle avant la campagne mais qui ont été incapables de séduire et de dompter les électeurs. Quant aux bons candidats (présumés) de second tour qui sont de piètres candidats de premier tour, faute de pouvoir rassembler leur propre camp d’abord, les exemples foisonnent à commencer par celui de Lionel Jospin. Le candidat socialiste de 2012 devra être doté d’un caractère trempé pour résister à deux ans de chausse-trapes et devra ratisser et séduire militants et électeurs avec abnégation s’il veut avoir la moindre chance. Dominique Strauss-Kahn, dilettante brillant de la politique, qui débarquera du FMI quelques mois avant l’élection, a-t-il la virtù nécessaire pour une telle entreprise ? On peut en douter.




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