Sénateur Hugues Portelli


Mai 2012
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Les élections régionales sont terminées et l’heure est aux aigreurs et aux règlements de compte à droite. Pourtant il n’est pas interdit d’analyser calmement mais sans complaisance des résultats, même catastrophiques. L’opposition a gagné les élections régionales comme toutes les oppositions depuis que ces élections existent. Elections sans enjeu clair pour l’électeur moyen et non couplées avec d’autres élections qui auraient pu servir de locomotive électorale, elles ont été marquées par une très forte abstention qui a frappé d’abord l’électorat de la majorité. La combinaison de la forte abstention et du vote sanction a entraîné la déroute de la majorité présidentielle qui n’a pu sauver que l’Alsace en métropole. Plus inquiétant, la poussée du Front national à un niveau qui rappelle ses scores d’avant 2007 a contribué à l’isolement minoritaire de la droite républicaine. Celle-ci est coincée entre deux adversaires : D’une part avec une gauche rassemblée autour d’un parti socialiste hégémonique et remis en ordre de marche par Martine Aubry, flanqué d’un Front de gauche qui a siphonné l’électorat d’extrême-gauche un temps tenté par Olivier Besancenot, et des Verts qui ont fait de même avec l’électorat de centre-gauche du Modem ; d’autre part, avec une extrême-droite revigorée où l’émergence de Marine Le Pen traduit la capacité du Front national à capter le désespoir des milieux populaires. Dépourvue d’alliés, désertée en partie par son électorat traditionnel ou récent, l’UMP n’a que dix-huit mois pour retrouver le sens de la marche et bâtir une stratégie gagnante pour 2012. D’abord au niveau local. Dès 2011 les élections cantonales concerneront la moitié des conseils généraux. Cette fois-ci il ne faudra pas commettre l’erreur de nationaliser le scrutin mais laisser les équipes locales bâtir librement la meilleure stratégie possible, même si les conseils généraux élus ne le seront – théoriquement – que pour trois ans. Ensuite au niveau national. La campagne d’un président et d’une majorité parlementaire sortants est toujours difficile. Elle demande que l’on s’appuie sur un bon bilan – celui des réformes conduites depuis 2007 dont il faudra achever la mise en œuvre avant d’en lancer de nouvelles -. Elle demande surtout des idées nouvelles car le monde de l’après crise financière n’est plus celui de 2007. Elle demande enfin que la majorité soit capable de fédérer en son sein les différentes sensibilités de la droite républicaine tout en laissant exister à ses côtés de véritables alliés. Bref l’heure des coups tactiques et médiatiques est terminée. Celle de l’élaboration d’une stratégie de reconquête commence.




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